Le verre est l' une des plus anciennes techniques connues a ce jour, mais sa génèse reste toujours quelque peu obscure. C'est Pline l'Ancien qui semble expliquer son origine "fortuite". Ce serait en Phénicie , contrée proche de la Judée que des marchands installés sur le lit d'un fleuve auraient fait du feu sur le sable et auraient rehaussé leurs marmites sur des pains de nitre de leur cargaison. Ce nitre ou"salpetre" soumis au feu et au contact du sable du sol donna naissance à une substance pateuse et translucide. Ce fut la naissance du verre.
Mais quand on connait le degré de fusion du verre, on peut émettre quelques doutes sur cette version. Il est plus vraisemblable que ce soient des potiers , dont les fours étaient construits au moyen de briques fabriquées avec de l'argile contenant du sable, qui auraient remarqué la vitrification de celles ci lors de la cuisson de leurs poteries. Ce serait donc plus empirique comme découverte, n'en déplaise à la version plus "charmante " de Pline l'Ancien.
Les objets trouvés dans les sépultures égyptiennes permettent de dater les premieres apparitions du verre dans notre continent aux environs de 3500 ans avant notre ère. A l'époque romaine, on connaissait pratiquement tout sur les techniques du verre. Importées des "colonies orientales" sous l'empire Romain, elles ont été exploitées dans les colonies occidentales notamment en Gaule.
Le verre provient de la fusion a haute température (1400 degré) d'un mélange de silice ou sable et d'une substance alcaline ou métallique ( plomb par exemple) Dans l'Antiquité, on se servait du sable que l'on trouvait sur place . Quant aux substances alcalines, elles provenaient d'incinération d'herbes ou de plantes. Le terme alcali :de l'égyptien " el Kali" désigne une herbe marine poussant sur les rives de la Méditerranée. La fusion des ces différents éléments était réalisée dans des creusets en argile installés dans des fours en briques réfractaires jusqu'à l'obtention d'une matière pateuse : le verre en fusion. Bien evidemment la qualité de ce premier verre n'est pas au rendez vous. Poreux, d'une couleur incolore jaunissant à la lumière, ce verre formé et refroidi est loin d'etre inaltérable. Il faut attendre des temps plus " modernes "à l'échelle de l'histoire pour cerner des dosages plus précis entre les différents composants du verre. De plus l'hermétisme des maitres verriers qui gardaient jalousement leurs secrets ne facilitèrent pas les choses.
A partir de la Renaissance , deux méthodes furent utilisées pour former le verre: le moulage et le soufflage .Les deux méthodes sont tres anciennes mais le moulage, réalisé par soufflage dans des moules a précedé le soufflage à l'air libre. La combinaison de ce deux techniques a permis de réaliser des pièces exceptionnelles qui n'ont rien à prouver à celles d'aujourd'hui. Elles prouvent la maitrise et l'habileté indiscutables des artisans verriers.
Pour finir sur ce sujet , il est nécessaire de préciser la notion de " Cristal ". Le Cristal existe à l'état naturel et minéral ; ce que l'on appelle le Cristal de roche. En fait c'est un quartz transparent et dur. Vu les difficultés d'approvisionnement après la prise de CONSTANTINOPLE ( d'ou était extrait principalement ce cristal de Roche), un verre au plomb, plus limpide et transparent que le verre classique fut élaboré par les Vénitiens.D'un visuel proche du cristal naturel , il s'est substitué à ce dernier, vu la plus grande souplesse de transformation. Ce n'est qu'en 1492 qu'un français de Lorraine put obtenir des Venitiens le secret de fabrication de ce "faux cristal" en échange d'un secret de fabrication de verre plat ; et de là sa diffusion dans toute l'Europe entière. En plus d'autres formes de Cristal ont été élaborées : Cristal de Bohème , Cristal Anglais.... Cela fera peut etre le sujet d'une prochaine étude.